mardi 12 mai 2015

Nike Requin que diable venait faire Patrick Pelloux dans la délégation

Au début on a tiqué : que diable venait faire Patrick Pelloux dans la délégation fran?aise accompagnant Fran?ois Hollande à Cuba. Certes le déplacement comporte une part de coopération médicale et l'urgentiste pourrait profiter de l'Airbus présidentiel pour venir en voyage d'études dans un pays où la santé est gratuite et les docteurs tellement renommés qu'ils sont envoyés sur le front d'épidémies comme Ebola. Mais en réalité, Pelloux est là en qualité de journaliste à Charlie Hebdo. ?Il porte avec lui les mémoires de Charb et Wolinsky qui étaient deux grands amis de Cuba?, raconte le député communiste André Chassaigne. Chaque année, à la Fête de l'Huma, les deux dessinateurs assassinés en janvier par les frères Kouachi tenaient un stand Charlie, membre éminent de l'association ?Cuba Si?, peuplée de politiques, de journalistes et d'ouvriers du livre favorables à la révolution cubaine. LE JOUR Où LE CHE A FAIT ROUVRIR L'ALLIANCE FRAN?AISE Lundi, Cuba. Les guérilleros cubains n'ont pas fait dans la dentelle le 1er javier 1959. Leur révolution anticapitaliste et anti-impérialiste en marche, ils ont fait fermer tous les établissements liés aux Américains. Mais pas que. Installée dans le Palacio Gomez, sur l'avenue Prado, l'Alliance fran?aise a également d? baisser le rideau, ordre de Fidel Castro. Jusqu'à une discussion entre l'ambassadeur de France et Che Guevara quelques semaines plus tard. Le diplomate fran?ais fut interloqué par l'excellent fran?ais dans lequel s'exprimait Che Guevara qui fit des études de médecine avant de bifurquer vers la philosophie et la littérature. A la question ?où avez-vous appris la langue de Molière ??, le Che répond ?à l'Alliance fran?aise bien s?r? sans Nike Requin savoir que celle de La Havane a d? fermer. Quand il l'apprend, le bras-droit de Fidel Castro rassure l'ambassadeur. Qui, le lendemain, à 5 heures du matin, sera tiré du lit par des guérilleros venus rouvrir l'Alliance. Aujourd'hui, l'Alliance fran?aise de La Havane est la plus grande du monde. Le gouvernement cubain a mis le Palacio Gomez à la disposition de Paris et financé les travaux de rénovation extérieure. L'Assemblée nationale et le Sénat fran?ais ont eux payé les aménagements intérieurs, que Fran?ois Hollande doit inaugurer en fin de matinée. HOLLANDE DANS LES DRAPS D'HEMINGWAY ET DE CASTRO Lundi, Cuba. lundi. Pendant ses deux nuits à La Havane, Fran?ois Hollande séjournera à l'h?tel Nacional, qui incarne à lui seul les hauts et les bas du régime cubain. Au centre du quartier du Vedado, l'immeuble est devenu l'un TN Requin des principaux symboles historique, politique et architectural de la capitale. Inauguré en 1930 et classé au patrimoine de l'Unesco en 1982. C'est là que se retrouvaient toutes les stars du show-biz américain dans les années trente, quarante et cinquante. De Johnny Weissmuller, l'interprète de Tarzan, à Ernest Hemingway, qui s'était établi à Cuba et passe pour l'inventeur du mojito en passant par Buster Keaton, Fred Astaire, Humphrey Bogart et Lauren Bacall. Tous les patrons des casinos où les Américains venaient perdre leurs dollars de l'autre c?té de la Floride et tous leurs alliés mafieux des Etats-Unis y avaient pignon sur rue, avec le blanc-seing de Battista, le dictateur que Fidel Castro s'apprêtait à renverser. Le Lider Maximo a organisé son ?mouvement du 26 juillet? avant de lancer la révolution. HOLLANDE ET LES DOM-TOM : C'EST NO?L AU PRINTEMPS Dimanche, Guadeloupe. Nike TN Sous les Tropiques (ou ailleurs), Fran?ois Hollande jamais à une contradiction près. A chacun de ses sauts de puce et séjour express sur l'une des ?les fran?aises de sa tournée caribéenne, le président satisfait un nombre incalculable de revendications locales. Une sorte de liste de commissions remplie à la grande satisfaction des élus. ?Si le ministère des Finances était là, il commencerait à s'inquiéter?, a-t-il glissé vendredi. Les annonces vont de la construction d'une antenne de la Sécu à Saint-Barthélémy à l'envoi de renforts de gendarmes à Saint-Martin, les deux ?les qui ont obtenu aussi de nombreuses adaptations fiscales ou juridiques. La création d'un Erasmus caribéen, que le député de Martinique Serge Letchimy, a baptisé le ?Césairus ?? Adopté. ?Ici, on ne demande rien, la Martinique exige?, sourit le chef de l'Etat devant les élus. Clou des annonces, Hollande a promis à la Martinique que c'est elle qui accueillerait le futur Cyclotron, un équipement destiné à produire des substances radioactives utilisées dans la détection des cancers. Samedi, ses mots ont provoqué le seul tonnerre d'applaudissements des centaines d'élus réunis pour l'écouter à Fort-de-France. Mais pour ne froisser personne et parce qu'il ne recule devant aucun bon mot depuis vendredi, le chef de l'Etat prend soin de préciser que la Guadeloupe pourra elle aussi avoir son Cyclotron, si elle le finance elle-même. A son arrivée à Pointe-à-Pitre, Fran?ois Hollande a repris ses annonces catégorielles. Tout en précisant de lui-même que ??a ne peut pas être No?l tous les jours?. Pour Hollande, ?on ne peut pas tout attendre de l'Etat?. TAUBIRA, L'ESCLAVAGE, L'ART DE LA COMMUNICATION ET LA PIQUE AU CASTRISME Dimanche, Guadeloupe. On n'est jamais mieux servi que par soi-même. Quand les journalistes métropolitains ont embarqué à bord de l'Airbus officiel jeudi dernier, décollant pour une longue tournée dans les Cara?bes, la ministre de la Justice s'est chargée de leur offrir de la lecture pour le voyage. Avant d'assister dimanche en Guadeloupe à l'inauguration du Mémorial ACTe, le plus grand centre au monde sur la traite des noirs et l'esclavage, tous ont re?u, distribué par un membre de la délégation, un exemplaire de son dernier ouvrage ?L'esclavage raconté à ma fille – Une histoire à conna?tre et à interroger? (180 pages, Editions Philippe Rey). Un livre de militante dans lequel elle questionne le rapport historique de la France à la mémoire noire. Et ouvre sur l'avenir, évoquant comme Fran?ois Hollande les catastrophe liées à l'immigration. ?Les drames qui surviennent très loin mais qui impliquent des gens tout près nous rappellent que la mondialisation est trop souvent l'extension des exclusions, l'expansion des dominations, l'aggravation des injustices, la propagation des sujétions, l'amplification des inégalités ?, écrit la Garde des Sceaux. Invitée à suivre l'intégralité du voyage de Fran?ois Hollande, jusqu'à Cuba lundi et Ha?ti mardi, Christiane Taubira y glisse aussi une pique au régime castriste. Alors que le président fran?ais est interpellé sur le sort des opposants politiques dans l'?le - et reste pour l'instant comme son entourage: coi - Christiane Taubira rappelle qu'il faut lutter, entre autres, contre la peine de mort ?aux Etats-Unis et à Cuba, en Chine et dans les pays de la péninsule arabique?. On verra si Raul Castro relève. HOLLANDE, HABILLé POUR CES DAMES Dimanche, Pointe-à-Pitre, Guadeloupe. Abritées sous des ombrelles de dentelle – il fait déjà grand beau et 30° à 8h30 du matin – leur nonchalance souriante tranche avec le poids historique de leurs tenues d'apparat. Dimanche, une dizaine de membres de l'Akadémiduka, une association artistique guadeloupéenne, attendent Fran?ois Hollande en costume traditionnel sur la place de la Victoire de Pointe-à-Pitre. Etoffes de couleur vives, jupons de dentelle blanche et coiffes amidonnées en carré de madras, ce sont les ?robes à corps de grand jour?, portées toujours avec des chaussures noires fermées. ?C'est notre héritage d'Espagne et de France, de Bretagne et de Normandie?, explique Marie-Hélène. Les bijoux, tous en or, racontent plus cr?ment l'histoire des Antilles. Aux oreilles et en broche, ce sont des ?tétés de négresses?. Autour de leur cou, de lourds colliers s'amoncellent : il y a le ?grain d'or?, ?la maille for?at?, le ?barillet? et le ?gros sirop?, pour l'histoire sucrière de la Guadeloupe. Le président arrive enfin, pour une cérémonie d'hommage aux anciens esclaves. Pendant le bain de foule qui suit, il fond sur le groupe multicolore. ?Est-ce que ces dames se sont habillées pour moi??, interroge un Hollande goguenard en leur serrant la main. ?Ouiiii?, répond le ch?ur chamarré. Hollande ne peut s'en empêcher et surenchérit : ?Ah c'est bien, moi aussi je me suis habillé pour elles.? A LIRE AUSSI A Pointe-à-Pitre, Hollande dénonce les ?nouveaux négriers? A L'HEURE DES CONQUES Samedi, Martinique. Au début, on a cru que l'orchestre officiel de cuivres ne parvenait pas à accorder ses instruments. Jusqu'à ce qu'on réalise que la bande-son marquant l'arrivée des délégations au sommet Cara?be Climat, en Martinique, provenait… de gros coquillages, les conques de lambis. En costume blanc, les cinq interprètes qui ont des faux airs de Buena Vista Social Club antillais encha?nent des ?morceaux?, soufflant dans le coquillage et modulant les sons avec la main. La mélodie dissonante se fait mélopée envo?tante. Qui, en plus, mélange les symboles. Sur le parvis du palais des Congrès Madiana, ce sont des coquillages menacés par le réchauffement climatique qui accueillent les participants au sommet, dirigeants de pays insulaires venus alerter sur le ?suicide écologique? qui menace. C'est aussi l'antique moyen de communication des esclaves qui avaient développé un langage codé avec les conques. Ce qui permet au voyage présidentiel de Fran?ois Hollande de basculer vers son étape guadeloupéenne, où il inaugure dimanche le plus grand centre mondial sur la traite des noirs, le Mémorial ACTe. à LIRE AUSSI Fran?ois Hollande, M. Loyal du climat dans les Cara?bes HOLLANDE, ROYAL, ET LES ?MINISTRES IMPORTANTES? Vendredi, Saint-Martin et Saint-Barthélémy. Fran?ois Hollande n'en est pas peu fier : pendant sa tournée dans les Cara?bes, le président fran?ais est accompagné de quatre ministres femmes. Ce qu'il se pla?t à souligner à chacune de ses étapes sur les ?les de Saint-Barthélémy et de Saint-Martin. ?Je suis venu avec quatre ministres importantes, quatre femmes?, insiste tout sourire celui qui a tenu à nommer un gouvernement strictement paritaire. Autour du chef de l'Etat – mais à bord d'un petit coucou séparé de la compagnie Saint Barth Commuter pour relier les deux ?lots - Christiane Taubira (Justice), George-Pau Langevin (Outre-Mer), Annick Girardin (Développement et Francophonie) et Ségolène Royal (Environnement) ont donc fait le voyage. Quand le reste des ministres et de la délégation passe par l'arrière de l'appareil, la numéro trois du gouvernement surprend tout le monde en quittant l'A330 présidentiel en empruntant la passerelle de l'avant réservée à Fran?ois Hollande. Personne ne le dit, tout le monde y pense : comme une première dame. A Cuba, un seul membre du gouvernement masculin rejoindra le voyage officiel, Mathias Fekl (Commerce extérieur) pour deux femmes de plus, Marisol Touraine (Santé) et Fleur Pellerin (Culture). ?Décidément, on ne respecte plus la parité?, fait mine de se plaindre, en souriant, Mathias Fekl. à LIRE AUSSI un Hollande en mode campagne dans les Cara?bes LA BOUGEOTTE DU PRéSIDENT PèSE SUR LES ORGANISMES Vendredi, Saint-Martin et Saint-Barthélémy. Devinette : qui a enquillé en cinq jours cette semaine des déplacements à Ryad, Doha, Paris, Les Mureaux, Saint-Martin et Saint-Barthélémy ? Fran?ois Hollande, certes, mais aussi les équipes présidentielles chargées de la protection, la logistique ou la sonorisation des voyages officiels. Autant de sorties de l'Elysée gourmandes en temps et en hommes, qui commencent à tirer un peu la langue. Aux Antilles, ?on est tous éparpillés parce qu'on arrivait de missions différentes juste avant?, explique l'un des membres de la délégation. Sur le papier, vu le nombre de déplacements, la mue du Président en candidat laisse peu de place au doute. ?Il y a tellement de déplacements qu'on est speed?, concède une petite main. A son arrivée à Saint-Martin vendredi soir, Fran?ois Hollande semblait lui aussi accuser le coup de cette semaine hyperactive et du décalage horaire, écoutant la présidente de la collectivité d'Outre-Mer en dansant d'un pied sur l'autre et en se penchant d'avant en arrière pour tromper la fatigue. Avant d'emballer son auditoire par trois bons mots bien placés et de partir dans les rues à l'assaut des habitants massés derrière des grandes barrières. Le secret, selon le président de l'Assemblée nationale Claude Bartolone, qui est du voyage antillais après une longue tournée en Nouvelle-Calédonie fin avril? ?Dormir dès que votre tête touche l'oreiller.?


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